29 sept. 2016 - 16 juin 2017 Paris (France)

Programme et séances saison 1 - 2014-2015 > Jeudi 5 février 2015 : Que produisent les femmes ? 1ere partie, les auteures

Attention ! Cette séance aura lieu à l'EHESS salle M. & D. Lombard 96 bd Raspail 75006 Paris 

 

Jeudi 5 février 2015 : Que produisent les femmes ? 1ere partie, les auteures

 

Invitées : Marta Cavazza (Università di Bologna), Clara Silvia Roero (Università di Torino)

 

Discutante : Dalia Déias (doctorante EHESS- Centre Alexandre Koyré)

 

Femmes des sciences dans le Siècle des Lumières: auteures ou traductrices ? par Marta Cavazza

Résumé: 

Dans mon exposé j'aborderai le sujet des femmes célèbres pour leur ''extraordinaire'' savoir en philosophie, en mathématiques et dans le champs médical au XVIIIe siècle. D'abord je m'occuperai de l'identification de ces femmes ''philosophes'' et savantes❉ en tant que véritables productrices actives du savoir ou plus simplement ''traductrices'' de certaines théories scientifiques, tout en rappelant que ces activités prenaient place à travers l'enseignement, la publication de textes de didactique ou la traduction de certains textes étrangers en langue italienne. Dans tous les cas, on n'a pas ici l'intérêt pour une évaluation des leurs contributions dans le champs du savoir en les comparant avec les savoirs scientifiques d'aujourd'hui. Les femmes savantes italiennes du XVIIIe dont la trace est restée jusqu'à aujourd'hui sont très peu nombreuses : cela d'abord car ce sujet d'étude ne s'est développé que depuis environ les vingts dernières années (grâce,d'abord à des chercheuses femmes), un temps par contre suffisant pour avoir un aperçu sur les vies et les activités de ces savantes et sur l'immense travail encore à faire. Néanmoins, la cause de ce faible nombre de cas est à lier également au fait que ces femmes étaient des exceptions dans le panorama qui donnait accès au savoir traditionnel : il n'y avait point de collèges, d'universités ou d'académies qui étaient ouvertes aux femmes. A Bologne, l'une des plus importantes villes de l'Etat de l'Eglise, il y eut plusieurs exceptions , qui ont fait l'objet des nombreuses études au sein des Women Studies et des Gender Studies, menées surtout par des chercheuses femmes à partir des années 90. Jusque là, ces nouvelles études ont permis une connaissance très approfondie des contextes historiques, sociaux, de la vie quotidienne et de l'oeuvre de ces femmes ''philosophes'' . Malgré leur importante contribution dans le champs de la philosophie, des mathématiques ou du savoir médicale , celle-ci n'a été jamais formellement reconnue et légitimée par les institutions bolognaises de l'époque. Le ''cas bolognais'', que l'on peut considérer très singulier dans son importance, a été étudié par bon nombre de chercheurs et chercheuses qui en ont fait un témoignage d'intérêt international : les femmes savantes de Bologne ont intéressée les chercheurs d'Italie, bien sûr, mais aussi d'Espagne, d'Allemagne, des Etats Unis et du Canada. Dans le cas spécifique de cet exposé, je m'arrêterai en particulier sur le personnage de Laura Bassi (Bologne 1711-1778), les événements de sa vie et sa production scientifique. En 1732 Laura obtient une laurea en philosophie et un poste de professeur à l'université (honoraire, mais en revanche payé) par le Sénat Bolognais et elle devient membre de l'Académie des Sciences. Tout en dépassant les limites qui avaient été imposées à son enseignement, causa sexu, Bassi arriva à créer une école de physique expérimentale chez elle, qui restera active pendant 30 ans et sera toujours très fréquentée. Vers la fin de sa vie, Laura se voit finalement reconnue par la charge de professeur de physique expérimentale à l'Institut des Sciences à Bologne. Malheureusement, très peu de ses dissertations (qui devaient être par contre bien nombreuses pour les champs de la mécanique aussi bien que de la dynamique des fluides et de électrologie ont survécu au temps. Les dissertations restantes sont cependant déjà suffisantes pour témoigner du très haut niveau de ses recherches dans le champs de la physique expérimentale liée aux problématiques newtoniennes. Je ferai aussi référence au personnage d'Anna Morandi, femme anatomiste et plasticienne de cire qui était célèbre dans l'Europe entière à son époque et qui fait aujourd'hui l'objet de bon nombre d'articles et de monographies. Je parlerai aussi de Cristina Roccati, la deuxième femme à Bologne a avoir obtenu la laurea en philosophie (1751) et finalement de Maria Dalle Donne, qui eut la laurea en médecine en 1799 mais qui dut en suite se contenter de diriger une école de formation de sage-femmes. Je ferai également quelque petite référence à Maria Gaetana Agnesi (car elle sera surement l'objet central de l'exposé de Clara Silvia Roero), seulement pour rappeler que le Sénat de Bologne (ou plutôt le pape Benoit XIV) fit la concession à cette femme du poste de professeure à l'Université en géométrie analytique et qu'elle fut aussi une associée de l'Académie des Sciences. Finalement, toujours en faisant référence au contexte de la ville de Bologne, je dirai quelque mots sur Emilie du Châtelet, Membre de l'Académie Bolognaise mais surtout pas de l'Académie des Sciences Parisienne, qui refusa de l'accueillir parmi ses membres, elle étant une femme et donc pas en mesure d'être parmi ses ''associés''.

 

L'auteur nous prévient pour le lexique : elle utilisera chaque fois que ce sera possible le mot savante et non le mot scientifique (tout en respectant le fait que seulement au XIXe ce dernier mot commencera à designer les gens qui font de la chimie, de la physique, de la biologie, des mathématiques, de l'astronomie). Quand il ne sera pas possible de trouver un synonyme et avec toutes les précautions nécessaires, elle utilisera par contre l'adjectif scientifique. 

 

Bibliographie pour l'exposé: 

 

Marta Cavazza, ''Laura Bassi,'' in Il Contributo italiano alla storia del pensiero, a cura di Saverio Ricci et al. (Roma: Istituto dell'Enciclopedia italiana, 2013), 376-379                          http://www.treccani.it/enciclopedia/laura-bassi_(Il_Contributo_italiano_alla_storia_del_Pensiero:_Scienze)/ (lien pour la page)

Marta Cavazza, Laura Bassi and Giuseppe Veratti: an electric couple during the Enlightenment, «Contributions to Science», 5 (1), 2009, pp. 115-128

 

Paola Bertucci , ''The In/visible Woman: Mariangela Ardinghelli and the Circulation of Knowledge between Paris and Naples in the Eighteenth Century,''  Isis, Vol. 104, No. 2 (June 2013), pp. 226-249

 

Massimo Mazzotti, ''Newton for Ladies: Gentility, Gender and Radical Culture,'' British Society for the History of Science 37 (2), 119-146, june 2004

http://cis.alma.unibo.it/cis13b/bsco3/intro_opera.asp?id_opera=32 (lien pour l'ouvrage d'Algarotti)

http://www.academia.edu/4160333/Newton_for_Ladies_Gentility_Gender_and_Radical_Culture (article de Mazzotti en ligne)

 (lors de la séance d'autres textes seront faits circuler)

 

 

Maria Gaetana Agnesi the first Italian woman to write a treatise of Calculus par Clara Silvia Roero

 

 

Résumé :

 

First of all I intend to remind some Italian young women who wrote thesis and poems on philosophical and scientific topics in northern Italy (Savoy Kingdom, Milan, Padua), sketching an overview of their cultural training, in order to define some peculiar aspects of their cultural world (family, academies, relationships with scholars, professors, etc.)

 

Then I’ll focus my attention on the Milanese M.G. Agnesi and on the cultural path which led her to print at home an ‘Introduction to Analysis for the Use of the Youth of Italy’ (Instituzioni analitiche ad uso della gioventù italiana, 1748). The intense correspondence that developed between his tutor R. Rampinelli, Agnesi and the mathematicians of Riccatis family (Jacopo, Giordano and Vincenzo) from 1745 to 1752 indeed documents with a wealth of details the exchange of scientific ideas that developed around the writing and printing of Agnesi’s book. Reconstructing the history and significance of this undertaking (through her letters and manuscripts) can help us understand some aspects of Agnesi’s nature, her behavior and her choices, as well as the farsightedness of her tutors and supporters. It can also help demonstrate why today we no longer consider valid the judgments that Gino Loria and Clifford A. Truesdell passed on this exemplar of a female intellectual.

 

REFERENCES - BIBLIOGRAPHY

 

Agnesi, M.G., 1748. Instituzioni Analitiche ad uso della Gioventù Italiana. 2 vols. Regia Ducal Corte, Milano.

 

Anonymous, 1750. Instituzioni Analitiche ad uso della Gioventù Italiana di Donna Maria Gaetana Agnesi Milanese, della Accademia delle Scienze di Bologna. Tomi due in quarto. In Milano 1748. Nella Regia Ducal Corte. Giornale de’ Letterati pubblicato in Firenze 6 (1), 7-22.

 

Antelmy, P.T. (Transl./Ed.), 1775. Traités élémentaires de Calcul différentiel et de Calcul intégral, traduits de l’Italien de Mademoiselle Agnesi, avec des Additions. C.A. Jombert, Paris.

 

Anzoletti, L., 1900. Maria Gaetana Agnesi. Cogliati, Milano. Cantù, I., 1836. Agnesi Maria Gaetana. In: de Tipaldo, E. (Ed.), Biografia degli Italiani illustri nelle

 

scienze, nelle lettere ed arti del secolo XVIII e de’ contemporanei, vol. 3, pp.502-504. Colson, J., Hellins, J. (Transl./Eds.), 1801. Analytical Institutions in Four Books Originally Written

 

In Italian by Donna Maria Gaetana Agnesi. 2 vols. Taylor-Wilks, London. Findlen, P., Roworth, W.W., Sama, C.M., 2009. Italy’s Eighteenth Century Gender and Culture in

 

the Age of the Grand Tour. Standford UP, Standford, California.

 

Frisi, A.F., 1799. Elogio storico di Donna Maria Gaetana Agnesi Milanese dell’Accademia dell’Istituto delle Scienze, e Lettrice onoraria di Matematiche nell’Università di Bologna. G. Galeazzi, Milano. Revised edition by Masotti,A., Masotti,G. 1965. Scuola Tipografica Pio Istituto pei Figli della Provvidenza, Milano.

 

Gliozzi, M., Orlandelli, G.F., 1960. Agnesi Maria Gaetana. In: Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 1. Istituto dell’Enciclopedia Italiana, Roma, pp.441-443.

 

Lacroix, S.F., 1797. Traité du Calcul différentiel et du Calcul intégral, vol. 1. Courcier, Paris. 2nd ed., 1801.

 

Loria, G., 1936. Donne Matematiche. In: Loria, G., Scritti, Conferenze, Discorsi sulla Storia delle Matematiche. Cedam, Padova, pp.447-466.Loria, G., 1903. Histoire des sciences. Les femmes mathématiciennes. Revue scientifique 4 (20), 385-892.

 

Loria, G., 1904. Encore les femmes mathématiciennes. Revue scientifique5 (1), 338-340. Masotti, A., 1940. Maria Gaetana Agnesi. Rendiconti del Seminario Matematico e Fisico di

 

Milano14, 89-127.

 

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Michieli, A.A., 1942-1943. Una famiglia di matematici e poligrafi trevigiani: i Riccati. I. Jacopo Riccati. Atti del R. Istituto Veneto di Scienze Lettere ed Arti102 (2), 537-587.

 

Riccati, J., Riccati, G., 1780. Lettere del Signor Co. Jacopo suo Padre sopra la Trisezione degli Angoli alla Signora Contessa Donna Maria Gaetana Agnesi, con un’Annotazione del Sig. Co. Giordano Riccati. Continuazione del Nuovo Giornale de’ Letterati d’Italia19, 23-57.

 

Roero, C.S., 2008. La cultura scientifica a Torino nel periodo di formazione di Lagrange. In: Sacchi Landriani, G. – Giorgilli, A. (eds.) Sfogliando la Méchanique analitique, Giornata di studio su Louis Lagrange. Ed. univ. di Lettere Economia e diritto, Milano, pp.13-36.

 

Roero, C.S., 2011. L’omaggio dei matematici a Clelia Grillo Borromeo. Le curve Rhodoneae e Cloeliae. In: Generali, D. (ed.) Clelia Grillo Borromeo Arese Un salotto letterario settecentesco tra arte, scienza e politica. Olschki, Firenze, pp.127-147.

 

Roero, C.S., 2012. Il Giornale de’ letterati d’Italia e la ‘Repubblica’ dei matematici. In: del Tedesco, E. (Ed.), Il “Giornale de’ Letterati d’Italia” Trecento anni dopo. Scienza, Storia, Arte, Identità (1710-2010). Atti del convegno Padova Venezia Verona, 17-19 novembre 2010. Serra, Pisa-Roma, pp. 57-78.

 

Roero, C.S., Luciano, E., 2013. L’altra metà del cielo nella scienza italiana dal Settecento al Novecento. Ricerche e studi recenti. Quaderni di Storia della Fisica 18, 107-124.

 

Roero, C.S., 2014. M.G. Agnesi, R. Rampinelli and the Riccati Family: A Cultural Fellowship Formed for an Important Scientific Purpose, the “Instituzioni analitiche”. Historia Mathematica 42 (2014). http://dx.doi.org/10.1016/j.hm.2014.12.001.

 

Vassalli Eandi A.M. 1813. Rapport lu à la classe des sciences phisiques et mathématiques ... dans la séance du 24 juin 1806 .... Mémoires de l’Académie imperiale des Sciences ... de Turin pour les années 1811-12, Turin, 1813, VIII-XXI.

 

Truesdell, C.A., 1989. Maria Gaetana Agnesi. Archive for History of Exact Sciences40, 113-142.

 

Truesdell, C.A., 1991. Corrections and additions for “Maria Gaetana Agnesi”. Archive for History of Exact Sciences 43, 385-386.

 

Bibliographie pour l'exposé :

 

 

Massimo Mazzotti, ''Rethinking Scientific Biography: The Enlightenment of Maria Gaetana Agnesi'', In P. Govoni and Z. Franceschi (eds.), Writing About Lives in Science: (Auto)Biography, Gender, and Genre. Gottingen: V&R unipress, 2014, 117-137.

Paola Govoni, ''Crafting Scientific (Auto) Biography'' ,2014:  Writing about Lives in Science: (Auto)Biography, Gender, and Genre, edited by Paola Govoni and Z.A. Franceschi, Goettingen: Vandenhoeck & Ruprecht/V&R Unipress, 7-30

 

 

 

 Langues de la séance: français, anglais, italien

Attention ! Cette séance aura lieu à l'EHESS salle M. & D. Lombard 96 bd Raspail 75006 Paris

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